Avec Sonac, les animaux font le mur. Amiens 2022.

Par ses créations, Sonac offre un regard décalé des relations homme-animal, confrontant l’un à ses responsabilités, redonnant à l’autre l’espace qu’il a perdu

Comment est née ce projet d’installation de ton travail pour le Zoo d’Amiens et pourquoi l’avoir accepté ? J’ai été contacté en 2019 par Julie Jet, la responsable pédagogique et culturelle du Zoo d’Amiens, suite à un projet similaire que j’avais fait avec le Zoo de Mulhouse. Nous avons longuement parlé de mon travail, elle était intéressée par mon idée de faire sortir les animaux du zoo. Ces deux zoos ont la même particularité, ce sont des zoos de ville. Tous les habitants ont grandi en allant régulièrement au zoo, que ce soit en tant qu’enfant, que parent puis grand parent… ils connaissent les animaux qui y sont présentés, ce sont un peu leurs animaux… ce qui rend le projet encore plus intense. Alors, quand Julie m’a recontacté en 2021 pour me confier l’évènement de l’anniversaire des 70 ans du zoo prévu en mai 2022, j’ai tout de suite accepté. Tout d’abord parce que j’avais carte blanche, et que j’étais totalement libre au niveau création, et ça c’est un des critères les plus importants pour accepter un projet. Mais aussi parce que nous œuvrons dans la même direction, et nous portons le même message. La révolution idéologique qu’ont connu les parcs zoologiques occidentaux ces cinquante dernières années, en ont fait  des acteurs incontournables dans la conservation de notre biodiversité. Ils mènent des programme de conservation in et ex situ, contribuent à l’avancée de la recherche scientifique, et sensibilisent le public aux problématiques environnementales de notre planète. Ils nous rappellent que nous pouvons être des spectateurs, mais que nous pouvons aussi décider d’agir dans notre propre quotidien, pour devenir les acteurs d’un monde plus respectueux de la nature. 

Que vas-tu y proposer ? Un parcours dans la ville d’une dizaine de murs, qui accueilleront chacun un animal du zoo. On inverse les rôles, et se sont les animaux qui viennent visiter les habitants de la ville d’Amiens, étranges spectateurs format XXL de nos vies citadines.

Comment as-tu choisi les animaux que tu vas présenter et pourquoi ? En fait, je ne procède pas comme ça, je ne choisi pas les animaux que je vais coller. Par contre, je choisi les murs. Je demande donc carte blanche pour faire mes repérages dans la ville, où je choisi une quinzaine de murs qui ont pour moi un bon potentiel, avec une petite préférence pour les murs d’environ 4 mètres de haut, car l’escabeau que j’ai à ma disposition à cette limite de hauteur (j’ai quand même pu glisser une façade plus grande, que je ferai à la nacelle). Ensuite, je fais le maximum de photos pendant mes deux semaines de prises de vues au zoo, environ 70 giga par jour. Puis, j’en sors toutes les images qui sont intéressantes, il ne doit pas y avoir d’ombre portée, on doit voir toutes les pattes, et surtout l’animal doit me regarder. Bref, ils n’en reste pas tant que cela à la fin, une cinquantaine par jour. Une fois que ma sélection est finalisée, je teste tous mes animaux sur mes murs, jusqu’à ce que je trouve ceux qui fonctionnent le mieux, l’animal doit bien remplir l’espace, et créer une interaction avec le public.

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