« PROJET E.DOLL » By SOFTTWIX

Commencé début 2014, le projet E.Doll se décline sous forme d’installations urbaines. Mes photos, des visages de femmes sur fond noir, en format XXL, sont collées sur les murs dans la rue, dans des friches, ou sur des chantiers en cours… Je recherche l’interaction parfaite entre le lieu et l’E.Doll que j’ai crée, pour révéler toute l’intensité de son regard… J’avais envie de créer ce face à face… « Mes E.Dolls dérangent, elles questionnent, interpellent. Chacun étant libre d’y projeter sa propre histoire…”
Les E.Dolls sont des femmes libérées… Elles sont toutes belles, mais elles portent les empreintes de leur vie sur leur visage. Elles nous racontent chacune une histoire, son histoire: la violence de l’existence, le poids de l’éducation, la folie des hommes, l’usure du temps…
Elles sont belles, mais derrière ou à travers cette beauté à la plastique parfaite, se dessine une blessure humaine, trop humaine… Sont elles des mutants fantastiques ou au contraire, tellement femmes? L’image de la femme moderne est celle d’une femme qui mène de front vie privée et carrière professionnelle réussie. Cette image de la femme est celle qui est véhiculée par la société occidentale, à travers les magazines féminins, ou les campagnes publicitaires…
Être l’une d’entre elles, c’est concilier le rôle traditionnel de femme au foyer avec celui de femme libérée. Une femme qui combine avec succès une carrière enrichissante, l’éducation des enfants, une maison impeccable, un look à la fois sexy et sophistiqué, des amitiés entretenues, et enfin, un vie amoureuse fabuleuse… Mais être une superwoman n’est pas la seule exigence demandée à la femme moderne, elle se doit également d’être belle, mince, sexy, sans âge, et sans rides…
La plupart des femmes vivent consciemment ou inconsciemment dans la dépendance du regard et de l’approbation de l’autre… Dans cette course effrénée à la validation extérieure, elles se perdent, s’abîment, se déchirent, se ternissent…




Les singuliers face-à-face de Softtwix
Écrit par Codex Urbanus, en novembre, en 2023.
« Il arrive d’être d’abord bouleversé par la beauté d’une chose avant d’être saisi par la prouesse technique qu’elle représente. C’est le cas de la Sainte Chapelle de Paris, fragile cage de vitraux du XIIIe siècle, qui vous emporte bien avant que vous ne compreniez que ces baies colorées ne peuvent à elles-seules soutenir l’immense plafond de pierre gothique du sanctuaire. C’est peut-être là le plus bel usage de la technique, quand elle se fait discrète pour réaliser l’extraordinaire. Et c’est précisément ce que fait Softtwix…
Tout d’abord il y a ces visages, magnétiques, qui émergent d’un clair-obscur inattendu, dans la pénombre de l’architecture dans lesquels ils flottent. Aussi bien dans une collégiale médiévale que dans une friche industrielle abandonnée, les portraits de Softtwix scrutent, interrogent, observent en retour le spectateur qui, face à ces géants immobiles, peine à trouver exactement sa place. Est-ce lui qui regarde, ou bien est-ce lui qui est regardé… de ce sentiment troublant nait la poésie, l’instant d’une rencontre magique qui se prolonge entre le regardant et le regardé, chacun doutant de son rôle exact. Pour écrasant qu’ils puissent être par leurs tailles – de plus en plus imposante au fur et à mesure que les années passent- ces visages ne cessent jamais d’être bienveillants, tout en conservant ce côté hiératique, inatteignable, hors du monde qui opère à chaque fois, quand, les yeux dans leurs yeux, le visiteur se perd en lui-même. Les éléments d’architectures qui dans l’ombre délimitent, encadrent, magnifient ces portraits comme un portique de temple, font la jonction entre le bâtiment réel et le bâtiment fantastique, entre notre dimension et celle, si présente et tellement fugace, de l’artiste.
Mais ce n’est que dans un deuxième temps que l’on prend conscience du tour de magie que l’ensorceleuse nous joue. Cette image, parfaite, qu’est-elle exactement? Une peinture? Un collage? Un dessin au fusain? Ce noir, magistral, enveloppant, qui unifie son monde et le nôtre, de quel univers vient-il? Il n’y a rien, aucun indice, qui peut orienter le spectateur. Pas un plis de collage, pas un raccord, pas un pixel d’une impression…. Rien. Softtwix joue des ingrédients de son œuvre comme une alchimiste, cachant ses secrets de fabrication pour ne laisser qu’un effet, une sensation, celle de croiser l’ « humain » dans toute sa poésie, dans le temple temporaire qu’elle aura bien voulu lui dédier et dans lequel nous nous tenons, transis par la beauté du geste autant que par la grâce de l’image. Et cette sensation, tout comme l’œuvre qui en est la cause, est propre à sa créatrice. Quelle qu’en soit le lieu -ville, festival, urbex- on en repars émerveillé, bien souvent avec un souvenir photographique, en se disant en souriant: j’ai vu un softtwix… »

Les E.Dolls
Mes E.Dolls ne sont pas des femmes qui existent. Elles ont toutes été créées à base de différents portraits que j’ai réalisés : une forme de visage, des yeux, une bouche… C’est amusant. Je passe souvent une journée entière avant de voir apparaître la femme que je cherche, à trouver l’équilibre d’un visage tout en gardant l’asymétrie et la vérité d’un individu. Ensuite, je leur crée des cicatrices, propres à chacune, reflet de leur histoire, de leurs blessures… Elles auraient pu porter des noms, car elles ont toutes pour moi une histoire, leur histoire, mais j’ai préféré des numéros, pour laisser plus de place au spectateur. Ainsi, certaines femmes s’y retrouvent, d’autres y reconnaîtront une sœur, une amie… Un acquéreur y a même retrouvé sa mère quand elle était une jeune femme.

























« Recouvrement mural »
Avant…

Après…


Avant…

Après…
J’aime travailler sur des projets où je peux réaliser un recouvrement total des murs. Cela crée une immersion totale.
Dans le cas de cette pièce, nous nous retrouvons dans une barre HLM à Abbeville. Les visiteurs allaient de pièce en pièce, en découvrant le travail de chaque artiste. Les compositions des appartements étaient toutes similaires, et je craignais une lassitude, quand on arrive à la cinquantième pièce… J’ai donc pris le parti de créer une sorte de cave aux murs métalliques rouillés, et j’ai même recouvert la grande fenêtre de carreaux de verre, qui paraissaient réel avec le rétro éclairage, de la lumière extérieur. Ma pièce a eu beaucoup de succès, l’immersion était vraiment très réussit…
Dans le cas de cette pièce, je souhaitais créer un dépaysement total pour les visiteurs. Dans la « Résidence Mont Blanc » à Rillieux La Pape, les visiteurs entraient dans une barre HLM , puis allaient d’appartement en appartement, en découvrant l’univers de chaque artiste. Il m’a semblé intéressant que lorsqu’ils entrent dans mon « appartement-oeuvre », il se retrouvent projeté dans un ailleurs… Pour cela , j’ai utilisé des éléments d’architectures de la Citadelle de Doullens, mon précédent chantier. Les visiteurs se retrouvaient donc au milieu de murs de briques, alors qu’ils étaient entré dans un HLM, une visite immersive percutante!
« Transfert d’encre »
Dés que j’ai acquis mon traceur, j’ai repris mes tests de transfert de photos sur supports. Depuis 2017, j’ai multiplié les essaies. Il a d’abord fallu trouver la technique de transfert, c’est à dire le bon papier, puis le bon liquide de transfert, ainsi que la préparation du support d’accueil, et pour finir le bon vernis… Une fois tous ces éléments découverts, il a fallu pratiquer énormément pour affiner ma technique, et m’assurer que les transferts tiennent sur le temps! Bref après 7 années de recherche, ma technique est enfin au point. Et je suis la seule à l’utiliser, puisque c’est moi qui l’ai inventé!
« Transfert in Situ »

E.Doll n°07 sur un arbre.
Premier test de transfert sur du vivant, réalisé sur un arbre, dans la forêt du « Label Valette Festival » en 2017. Quand on découvre cette E.Doll, elle apparait un peu comme un fantôme… Une bouteille d’eau au pied de l’arbre permet de mouiller le transfert, faisant ainsi apparaitre complètement le visage….

E.Doll n°18 sur boitier.
Premier test de transfert sur un vieux boitier en métal, réalisé au « Label Valette Festival » en 2018. Je n’étais pas sûre du résultat, car la surface était très texturée par la rouille…Mais cela n’a pas empêché le transfert de l’encre, le résultat est intrigant, délicat, et sensible…








